Vous l’attendiez, la voici !
Tant qu’à faire, j’ai repris le schéma de l’originale, la TS808, la toute première sortie en 1978.
Le schéma d’origine
C’est bien le tout premier schéma produit par Ibanez et commercialisé entre 1978 et 1982.
Son nom : Tube Screamer, la petite boîte qui fait hurler les lampes des amplis. On retrouve le système de commutation par interrupteur électronique à JFET, que les fabricants choisissaient à l’époque par soucis d’économie (avant la popularisation du footswitch 3PDT). Ce système alourdit fortement la circuiterie (plus de composants que pour la partie utile du circuit !) et augmente les sources de pannes potentielles. Comme il n’affecte pas le signal, remplacer ce système par un simple « true by-pass » n’apporte que des avantages.
Fonctionnement
[Input Buffer], [Output Buffer] :
On remarque à l’entrée et à la sortie de la pédale la présence d’un buffer à transistor, permettant de formater l’impédance d’entrée et de sortie, respectivement.
[Clipping Amp] :
Après le buffer d’entrée, le signal est traité par un premier amplificateur opérationnel (AOP) qui introduit une saturation dont le taux est réglable par P1. Ce même étage produit un écrêtage (clipping) symétrique obtenu par 2 diodes identiques montées en anti-parallèle.
[Tone/Volume Stage] :
Le signal est ensuite envoyé vers un second AOP qui gère le réglage de tonalité, au moyen d’un simple filtre du premier ordre R8-C6-P2.
Le potentiomètre P3 ajuste enfin le niveau de sortie, puis le signal poursuit son cheminement à travers le buffer à transistor construit selon la même architecture que le buffer d’entrée.
[Power Supply] :
L’alimentation est on ne peut plus classique, on la retrouve identiquement sur un très grand nombre de pédales à AOP : un pont diviseur à 2 résistances identiques fixe le point de polarisation à environ Vcc/2, filtré et amorti par un condensateur chimique. Une diode (Da) protège l’ensemble des éventuelles erreurs de branchement à polarité inversée.
[JFET Bypass Switch] :
La commutation est assurée par l’appui sur un simple bouton-poussoir grâce à une circuiterie complexe qui fait entrer en conduction un transistor à effet de champ à jonction (JFET). la commutation a lieu après le buffer et avant le buffer de sortie, court-circuitant la partie active du circuit de traitement audio.
Modifications, adaptation.
En premier lieu, j’ai fait le choix de remplacer la circuiterie complexe du commutateur à JFET par un désormais classique commutateur 3PDT comme sur toutes mes autres pédales.
J’ai ajouté la possibilité de me passer des buffers d’entrée et de sortie, pour disposer d’une pédale en version « économique » sans buffer.
Sur la pédale en version complète avec les buffers, j’ai ajouté un commutateur manuel qui met en fonction ou non les 2 buffers. On a ainsi la possibilité d’adapter la pédale selon son utilisation et sa place dans la chaine du pedalboard.
Le schéma définitif
Première étape :
Dessiner le plan des circuits imprimés
le plan d’implantation des composants et les typons des circuits, côté cuivre.
Comme on le voit, j’ai à nouveau choisi de fabriquer 2 circuits imprimés sur lesquels viennent prendre place les 3 potentiomètres. Ce procédé améliore la fiabilité de l’ensemble : plus grande rigidité, moins de câblage.
Si on choisit de ne pas connecter les buffers, les composants correspondants ne sont plus nécessaires et disparaîssent. L’entrée du signal se fait par C2 et la sortie directement au curseur du potentiomètre de volume.
Pour cette version allégée, j’envisage de redessiner le circuit imprimé, qui ne contient que l’alimentation et le potentiomètre de volume.
Deuxième étape :
Fabriquer les circuits imprimés
(voir mon article sur le processus de fabrication de mes circuits imprimés de manière très artisanale, à faible coût mais très efficace !)
Imprimer le typon sur un transparent, insoler, révéler, graver, percer.
Troisième étape :
Réaliser le boîtier
Le masque est imprimé sur une feuille de transparent auto-collant. Le collage nécessite un peu de soin pour bien positionner la feuille et chasser les bulles vers l’extérieur.
Le perçage se fait ensuite aux emplacements marqués d’une croix. On procède progressivement. D’abord un centrage de tous les trous avec le foret Ø3, qui correspond à la LED. On agrandit ensuite tous les autres trous à Ø7, diamètre des potentiomètres et du commutateur rotatif. Enfin, on passe aux diamètres définitifs :
– Ø 9 pour les 2 jacks d’entrée et sortie.
– Ø 12 pour le connecteur d’alimentation et le commutateur au pied.
Quatrième étape :
Souder les composants, les câbles ; mettre en boîtier
On reconnait le style maison 🙂 avec les 2 circuits étagés, les mêmes codes couleurs et l’emplacement des différents éléments. On ne change pas une équipe qui gagne !
Dernière étape :
Tester le fonctionnement
On retrouve la TS 808 d’Ibanez, avec ses larges nuances de tonalités et de saturation en fonction des réglages.é par celui de la tonalité.
On comprend pourquoi ses concepteurs l’ont baptisés « tube screamer », surtout quand on pousse le bouton de saturation au maximum.
REMARQUE IMPORTANTE : Lors du test, j’ai trouvé que le bouton de tonalité était vraiment brutal en fin de course, alors que la variation audible était très faible, du début de course jusqu’aux trois quarts environ. Ce symptôme est typique d’une courbe de variation inadaptée, j’ai donc remplacé le potentiomètre linéaire P2 par un logarithmique de même valeur (A20K au lieu de B20K). Le résultat est bien meilleur, on peut obtenir des nuances de tonalité beaucoup plus fines avec cette modification.
Le bouton « volume » permet d’ajuster dans une grande plage le niveau de sortie. Une grosse réserve de puissance, inutile de mettre le volume à fond !
Conclusion
Vous voulez vous lancer dans la fabrication de cette pédale d’effet ? N’hésitez pas à me poser vos questions ou vos remarques en commentaire !


