Une pédale de séparation + mixage
« Split and Blend » en anglais, avec dosage du mix et possibiité d’inverser la phase sur l’un des canaux
L’idée de départ
En regardant les schémas de pédales d’effet pour basse, j’ai vu que le signal est souvent séparé en deux canaux (split) l’un étant modifié par l’effet, l’autre restant tel quel.
L’effet a souvent pour conséquence d’éliminer pas mal de fréquences basses, ce qui est bien embêtant pour une… basse !
Les deux signaux, l’un « wet » et l’autre « dry » sont alors mélangés (blend) avec un dosage en sortie. Ainsi, le son final garde son caractère grave, auquel va s’ajouter le signal affecté par l’effet proprement dit.
Une pédale « Splitter-blender » permet entre autre d’utiliser, pour une basse, une pédale normalement destinée à la guitare, tout en gardant les graves de la basse.
Mais certains guitaristes utilisent aussi ce genre de pédale pour mélanger plusieurs effets, ou simplement ajouter le signal propre à celui obtenu par un effet quelconque.
Je me suis donc dit que ce serait une bonne idée d’en fabriquer une…
Le principe
Le signal de l’instrument entre dans la pédale d’effet. Il est traité par l’effet, et en ressort « wet » (mouillé). Après une inversion de phase (ou non), il est additionné au signal d’entrée, non-modifié par l’effet, nommé « dry » (sec). De l’ensemble ressort le signal qui est la somme des deux signaux « dry+wet ».
Pourquoi inverser la phase ?
Il arrive parfois que l’effet ait pour conséquence d’inverser en sortie la phase du signal d’entrée. C’est le cas si le signal traverse un nombre impair d’amplificateurs opérationnels en mode inverseurs. Ce n’est pas gênant dans la plupart des cas, mais ici, puisqu’on veut l’additionner au signal d’origine (« dry »), il va se produire une soustraction au lieu d’une addition. Il est donc indispensable de pouvoir inverser la phase du signal (l’un ou l’autre) pour que les deux s’ajoutent au lieu de se soustraire.
Comment savoir s’il est nécessaire d’inverser ou non la phase ? simplement à l’oreille ! En basculant l’interrupteur dans une position ou l’autre, on obtient un son faible et déformé dans un cas, ou fort et propre dans l’autre. Devinez lequel est le bon ?
Élaboration du schéma
- La première chose à faire est de séparer le signal d’entrée pour l’envoyer dans deux branches indépendantes. Il suffit pour cela d’envoyer le signal dans deux modules « suiveurs », dont la très haute impédance d’entrée assure une isolation quasi-parfaite des deux branches.
2. Ensuite, il faut prévoir un étage tampon pour accueillir le signal sortant de l’effet. Un J-FET fera ça très bien.
3. La branche modifiée doit aussi présenter la possibilité d’inverser la phase. Ce montage permet de le faire avec une simple interrupteur, qui connecte l’entrée non-inverseuse de l’AOP directement à la tension milieu, ou non.
4. L’autre branche n’a pas besoin de modification de sa phase, un simple suiveur suffit.
5. L’addition des deux signaux peut se faire avec un simple potentiomètre qui reçoit d’un côté le signal « wet », de l’autre le « dry ».
Modifications, adaptation.
Le schéma définitif
Première étape :
Dessiner le plan des circuits imprimés
le plan d’implantation des composants et le typon du circuits, côté cuivre.
Le câblage est un peu complexe et nécessite un peu de soin et de concentration !
Deuxième étape :
Fabriquer les circuits imprimés
(voir mon article sur le processus de fabrication de mes circuits imprimés de manière très artisanale, à faible coût mais très efficace !)
Imprimer le typon sur un transparent, insoler, révéler, graver, percer.
Troisième étape :
Réaliser le boîtier
Le masque est imprimé sur une feuille de transparent auto-collant. Le collage nécessite un peu de soin pour bien positionner la feuille et chasser les bulles vers l’extérieur.
Le perçage se fait ensuite aux emplacements marqués d’une croix. On procède progressivement. D’abord un centrage de tous les trous avec le foret Ø3. On agrandit ensuite tous les autres trous à Ø6, pour l’inverseur de phase. Enfin, on passe aux diamètres définitifs :
-Ø7 pour le potentiomètre
– Ø 9 pour les 2 jacks d’entrée et sortie.
– Ø 12 pour le connecteur d’alimentation .
Quatrième étape :
Souder les composants, les câbles ; mettre en boîtier
Le câblage est facilité en écrivant sur le fond du boîtier les noms des différents éléments, qui se trouvent évidemment à l’envers par rapport à l’aspect final.
Dernière étape :
Tester le fonctionnement
pas de surprise. Si on ne branche que l’entrée et la sortie, le système est transparent : les connecteurs jacks de « retour » sont prévus avec coupure et le signal peut passer.
En branchant un effet entre « envoi » et « retour », le dosage est efficace et permet d’ajuster le pourcentage de signal clair et de signal traité. la position médiane correspond à environ 50% des deux signaux.
Ce boîtier est prévu pour une basse, mais fonctionne tout aussi bien avec une guitare ou tout instrument. le module A et B autorise à brancher une chaîne d’effet de chaque côté, et de les mélanger avec le bouton. ça peut donner des résultats assez intéressants !
À noter, le volume de l’effet est souvent très supérieur à celui du signal clair. Il est donc utile d’ajuster le volume de l’effet pour avoir un bon équilibre et une efficacité progressive en manipulant le bouton de mélange.
Conclusion
Vous voulez vous lancer dans la fabrication de cette pédale d’effet ? N’hésitez pas à me poser vos questions ou vos remarques en commentaire !


