la Rat en mode multi-clip !
j’ai ajouté une pré-accentuation qui agit sur le filtre de fréquences (RAT+), et une commutation des diodes de clipping : Silicium comme l’originale, germanium, Led ou asymétrique (RAT++) !
Le schéma d’origine
ce schéma utilise le LM308 en son cœur, comme dans les premières versions de la ProCo Rat. Le schéma avec sa version plus moderne (ProCo Rat II) serait le même, en remplaçant le LM308 par un OP07 et en supprimant le condensateur C10, puisque la compensation n’est pas utile avec ce circuit intégré.
Fonctionnement
Le signal est d’abord filtré et débarrassé de son éventuelle composante continue par C3, R6, C4. Il est ensuite très fortement amplifié par le LM308, monté en amplificateur non-inverseur. La cellule de filtrage présente sur l’entrée inverseuse de U1 est constituée de 2 branches R7-C6 et R8-C7, qui atténuent les basses fréquences et contribuent à modeler le son autour de medium-aigus. C’est sur cette pré-accentuation que je vais opérer une modification (commutable) sur ma pédale.
Le signal est ensuite écrêté brutalement à 0,7V par les 2 diodes au silicium montées « tête-bêche ». Le filtre qui suit est réglable par VR2, il modifie à nouveau la réponse en fréquence du signal. On obtientainsi un signal extrêmement distordu. Il passe ensuite par un étage tampon autour du transistor JFET, puis le potentiomètre VR3 prélève une partie de ce signal pour attaquer un ampli de guitare.
Mes modifications :
Note : la plupart de ces modifications ont été proposées par Olivier JAMBOIS, sur son excellent site « fais-tes-effets-guitare.com » dont je publie le schéma ci-après.
- Première modification : action sur le réseau RC de filtrage des fréquences R7-C6-R8-C7 (R7-R8-C10-C11 sur le schéma modifié, zone « Filtering and gain section ») La modification consiste simplement à ouvrir le circuit entre R8 et C7 (R8 et C11). Cette configuration correspond à la position « Rat++). La conséquence est un changement notable de fréquences puisque l’entrée inverseuse de U1 ne voit plus que R7-C6, ce qui abaisse la fréquence de coupure à environ 100 Hz.
- Deuxième modification : le réseau de diodes D2-D3, diodes au silicium, est commutable avec :
- soit deux diodes au germanium, ce qui donne un écrêtage encore plus marqué (mais avec un niveau de sortie plus faible : 0,2 à 0,3v) ;
- soit deux Leds, avec pour effet inverse de limiter l’écrêtage à 1,9v, écrêtage moins violent ;
- soit une seule diode au germanium, qui n’écrête que la moitié positive du signal, donc de manière asymétrique, ce qui donne un son plus distordu encore. J’ai choisi d’ajouter cette option supplémentaire, puisque le commutateur propose 4 positions.
À noter : si on choisit la position « Si » du commutateur et qu’on bascule l’interrupteur en « Rat » au lieu de « Rat++ », on a exactement le son de la ProCo Rat : diodes silicium et les 2 branches de pré-accentuation.
Le commutateur est un modèle rotatif à 2 circuits et 4 positions.
on pourrait utiliser le deuxième circuit pour ajouter les LEDs pour signaler chaque position.
Première étape :
Dessiner le plan des circuits imprimés
le plan d’implantation des composants et les typons des circuits, côté cuivre.
Sur ce circuit imprimé j’ai gardé la possibilité de n’avoir que le clone pur de la Rat. Dans ce cas, il suffit de placer 2 straps (en rouge sur le dessin, « si pas++ ») si on choisit de ne pas appliquer les modifications.
Deuxième étape :
Fabriquer les circuits imprimés
(voir mon article sur le processus de fabrication de mes circuits imprimés de manière très artisanale, à faible coût mais très efficace !)
Imprimer le typon sur un transparent, insoler, révéler, graver, percer.
Troisième étape :
Réaliser le boîtier
Le masque est imprimé sur une feuille de transparent auto-collant. Le collage nécessite un peu de soin pour bien positionner la feuille et chasser les bulles vers l’extérieur.
Le perçage se fait ensuite aux emplacements marqués d’une croix. On procède progressivement. D’abord un centrage de tous les trous avec le foret Ø3, qui correspond à la LED, puis à Ø6 l’emplacement de l’interrupteur. On agrandit ensuite tous les autres trous à Ø7, diamètre des potentiomètres et du commutateur rotatif. Enfin, on passe aux diamètres définitifs :
– Ø 9 pour les 2 jacks d’entrée et sortie.
– Ø 12 pour le connecteur d’alimentation et le commutateur au pied.
Quatrième étape :
Souder les composants, les câbles ; mettre en boîtier
Dernière étape :
Tester le fonctionnement
- En position LED, le son est crunchy, avec un son presque clair à bas volume d’entrée.
- à l’autre extrémité, la position germanium donne une saturation bien grasse, comme une fuzz.
- les positions intermédiaires sont des bons compromis entre les extrêmes, avec une distorsion assez marquée en position d’écrêtage asymétrique.
- le bouton de volume permet d’ajuster le niveau du signal saturé par rapport au signal clair, et surtout en fonction des positions de clipping qui introduisent de gros écarts de niveau.
- le réglage de taux de saturation (disto) est efficace. Je trouve dommage qu’en position minimale, on ait un signal nul, ça n’a aucun intérêt mais c’est comme sur la Rat d’origine. Il suffit d’ajouter, en série avec le potentiomètre de disto, une résistance de quelques kΩ. J’ai intégré cette amélioration dans ma dernière version.
Conclusion
Vous voulez vous lancer dans la fabrication de cette pédale d’effet ? N’hésitez pas à me poser vos questions ou vos remarques en commentaire !



3 réponses
Hell, je serais intéressé par votre super rat !
Le son est très bien défini, les réglages sont simples et permettent une polyvalence hors norme !
il n’y a aucun souffle pour une distorsion, elle est simple et efficace, elle sonne d’enfer!!!
Une belle réalisation !
Merci pour ces commentaires.
Apparemment, les mods que je propose sont efficaces, et élargissent les possibilités de la pédale RAT d’origine, hyper connue mais somme toutes assez spécialisée. La mienne est plus polyvalente, n’hésitez pas à la faire connaître autour de vous !