À l’origine était la « ColorSound PowerBoost »
Elle a vite été remplacée (en 1970) par la « Overdriver » et David Gilmour s’en est fait une véritable amie !
Mais je l’ai encore améliorée ! voici comment.
Le schéma d’origine
ce schéma est construit autour de 3 transistors BC109 à gain plutôt élevé (hfe aux alentours de 300).
La pédale intègre un correcteur de tonalité type Baxandall et un tampon de sortie pour adapter l’impédance vers un ampli guitare.
Fonctionnement
Le signal passe dans un module d’amplification à 2 étages construits autour de Q1 et Q2. La forte amplification de ces 2 étages provoque un début d’écrêtage du signal et une distorsion, dont le taux est réglable par VR1. Ce signal traité est ensuite filtré par la cellule Baxandall, permettant une atténuation/amplification des fréquences basses (VR2) et aigües (VR3). L’impédance de sortie est ensuite abaissée par l’étage tampon constitué de Q3 et ses composants périphériques. Dans la version d’origine « 3 boutons », appelée « ColorSound Power Boost » le potentiomètre de gain faisait office de volume (ce qui est une hérésie !) mais le fabricant a vite revu sa copie en proposant dès l’année ’70 un 4ème bouton pour le volume, simplement en ajoutant un potentiomètre en sortie. Cette nouvelle version définitive prendra le nom de « ColorSound Overdriver », moyennant quelques modifications de valeurs pour un gain plus costaud. C’est cette pédale Overdriver qui sera adoptée par David Gilmour de Pink Floyd, on peut l’entendre dans ses solos les plus célèbres.
Le gros défaut de la pédale « Colorsound Overdriver »
Tous les utilisateurs de la Colour Sound Overdriver le regrettent : le réglage « boost » est trop brutal ! En pratique, si on considère une rotation du bouton sur 12 positions, rien ne se passe lorsque vous tournez le bouton de zéro à 10, puis brutalement tout se joue entre 10 et 12. Ce qui fait qu’entre 10 et 12, la moindre variation du bouton provoque des changements importants du son. J’ai regardé d’où provenait ce problème. En fait, le potentiomètre de boost sur la pédale d’origine a une valeur de 10 000 ohms. Or, l’effet de saturation n’apparaît que lorsque la résistance est inférieure à 1000 ohms, et augmente lorsque cette valeur diminue, pour atteindre son maximum à zéro ohm. Donc entre 10 000 ohms et 1000 ohms, rien ne se passe. J’en ai conclu que le potentiomètre de boost devait avoir une valeur de 1 kΩ seulement, (exactement comme sur la Fuzz Face !) ce qui permet d’avoir toute sa course dans la plage 1000 Ω – 0 ohm, précisément celle où le gain varie significativement.
De plus, la variation restant assez brutale dans cette plage, j’ai essayé de trouver un potentiomètre à courbe logarithmique inverse (appelée courbe C) de 1kΩ. Ce produit étant introuvable, j’ai simulé cette progressivité en plaçant en parallèle du potentiomètre de 1kΩ une résistance fixe. Divers essais m’ont conduit à choisir la valeur 2kΩ pour une progressivité optimale.
C’est cette modification qui apparaît sur le schéma définitif.
Le schéma définitif
(les modifications en rouge sur ce schéma)
Comme on le voit, les modifications sont minimes, pour une différence de confort assez énorme :
- un potentiomètre de 100 kΩ (P4) à variation logarithmique placé à la sortie de l’ensemble apporte un confort non-négligeable pour le réglage du volume.
- La résistance variable VR1 d’origine (10 kΩ linéaire) était mal choisie, son efficacité étant limitée au dernier quart de tour, comme expliqué plus haut. Je l’ai remplacée par un potentiomètre (P1) de 1kΩ à variation linéaire (courbe « B ») mais l’idéal serait une variation anti-logarithmique (courbe « C ») malheureusement très difficile à trouver.
- ajout de la résistance (Rb, pour R boost) en parallèle sur P1, pour simuler une variation de type « anti-log ». Le réglage du gain, et donc de l’effet saturé, est alors beaucoup plus confortable d’un extrême à l’autre de la rotation du bouton « Boost ».

Fabrication !
Première étape :
Dessiner le plan des circuits imprimés
le plan d’implantation des composants et les typons des circuits, côté cuivre.

Deuxième étape :
Fabriquer les circuits imprimés
(voir mon article sur le processus de fabrication de mes circuits imprimés de manière très artisanale, à faible coût mais très efficace !)
Imprimer le typon sur un transparent, insoler, révéler, graver, percer.
Troisième étape :
Réaliser le boîtier
Le masque est imprimé sur une feuille de transparent auto-collant. Le collage nécessite un peu de soin pour bien positionner la feuille et chasser les bulles vers l’extérieur.
Le perçage se fait ensuite aux emplacements marqués d’une croix. On procède progressivement. D’abord un centrage de tous les trous avec le foret Ø3, qui correspond à la LED. On agrandit ensuite tous les autres trous à Ø7, diamètre des potentiomètres et du commutateur rotatif. Enfin, on passe aux diamètres définitifs :
– Ø 9 pour les 2 jacks d’entrée et sortie.
– Ø 12 pour le connecteur d’alimentation et le commutateur au pied.

Quatrième étape :
Souder les composants, les câbles ; mettre en boîtier
Dernière étape :
Tester le fonctionnement
Comme prévu, le son de la Color Sound Overdriver est au rendez-vous. Mais l’amélioration se tient au niveau du confort des réglages :
- le bouton « volume » permet d’ajuster dans une grande plage le niveau de sortie ;
- le bouton « Boost » apporte une progressivité bien plus agréable, du début à la fin de sa rotation.
- les réglages de grave et aigus sont très efficace en atténuant fortement la plage de fréquence correspondante lorsqu’ils sont à zéro, comme sur la pédale d’origine.
Conclusion
Vous voulez vous lancer dans la fabrication de cette pédale d’effet ? N’hésitez pas à me poser vos questions ou vos remarques en commentaire !


