Parmi les classiques à cloner, celle-ci était incontournable.
j’ai donc repris le schéma de la fameuse pédale de Marshall et je l’ai adapté pour tenir dans un format plus discret.
Le schéma d’origine
Du classique. Le circuit actif employé est le TL072, double J-FET qui présente de bonnes performances audio. L’un des 2 amplificateurs opératiionnels produit essentiellemnt le gain, l’autre se charge de l’écrêtage. Suit un réglage de tonalité puis de volume.
Fonctionnement
Le signal de la guitare entre dans le premier amplificateur opérationnel, et subit un léger filtrage avant d’être amplifié. Le gain de ce premier étage varie entre 1 et 100 environ, grâce au potentiomètre noté « Gain ».
Le signal ainsi filtré et amplifié entre dans le deuxième amplificateur dont la fonction principale est de produire un léger écrêtage. Léger pour 2 raisons :
- les diodes d’écrêtage sont situées dans la boucle de contre-réaction, ce qui provoque un écrêtage progressif qui dépend aussi du niveau du signal.
- la cellule d’écrêtage n’agit qu’à partir d’environ 1,5 v, puisqu’elle est constituée de diodes en série sur chaque alternance du signal.
Après ce traitement, le signal est filtré par un réseau R-C, dont la fréquence de coupure est variable grâce à R16, le potentiomètre noté « Tone » sur le schéma.
Le potentiomètre suivant prélève une partie plus ou moins conséquente du signal, ce qui constitue un réglage de volume.
Modifications, adaptation.
le schéma d’origine montre le choix du fabriquant pour son système de commutation de la mise en service. Lorsque le commutateur est en position « on », rien de particulier. La LED D6 est allumée, indiquant que le circuit est en fonction.
En position « off », l’entrée est reliée directement à la sortie, et une mise à la masse est effectuée entre la sortie de premier étage et l’entrée du second. Ce choix (étrange ?) semble avoir obligé le fabriquant à partager en deux les valeurs résistives et capacitives situées entre les deux étages. En effet, en mode « on », après le réglage de gain, le signal traverse successivement C6-R8-C7-R7., soit 2 fois 0,22 µF et 2 fois 4,7 kΩ. Ce qui équivaut à une résistance de 4,7 + 4,7 = 9,4 kΩ et une capacité de 0,22÷2 = 0,11 µF.
Pour faire plus simple, j’ai supprimé cette mise à la masse en milieu de circuit., et j’ai choisi de remplacer ces 4 composants par leur équivalent : 9,2 kΩ pour la résistance, et 0,1 µF pour le condensateur.
C’est la seule modification que j’ai effectuée, pour conserver toutes les chances d’obtenir le même son que l’orignale.
Le schéma définitif
Première étape :
Dessiner le plan des circuits imprimés
le plan d’implantation des composants et les typons des circuits, côté cuivre.
Comme on le voit, j’ai à nouveau choisi de fabriquer 2 circuits imprimés sur lesquels viennent prendre place les 3 potentiomètres. Ce procédé améliore la fiabilité de l’ensemble : plus grande rigidité, moins de câblage.
Deuxième étape :
Fabriquer les circuits imprimés
(voir mon article sur le processus de fabrication de mes circuits imprimés de manière très artisanale, à faible coût mais très efficace !)
Imprimer le typon sur un transparent, insoler, révéler, graver, percer.
Troisième étape :
Réaliser le boîtier
Encore un clin d’oeil à l’originale :
- Traduction de Blues Breaker en Brise Blues en gardant le style du logo ;
- la police de caractère des boutons de réglage est celle de la « Marshall Guv’nor » ;
- façade noire pour garder l’esprit de l’originale.
Le masque est imprimé sur une feuille de transparent auto-collant. Le collage nécessite un peu de soin pour bien positionner la feuille et chasser les bulles vers l’extérieur.
Le perçage se fait ensuite aux emplacements marqués d’une croix. On procède progressivement. D’abord un centrage de tous les trous avec le foret Ø3, qui correspond à la LED. On agrandit ensuite tous les autres trous à Ø7, diamètre des potentiomètres et du commutateur rotatif. Enfin, on passe aux diamètres définitifs :
– Ø 9 pour les 2 jacks d’entrée et sortie.
– Ø 12 pour le connecteur d’alimentation et le commutateur au pied.
Quatrième étape :
Souder les composants, les câbles ; mettre en boîtier
Dernière étape :
Tester le fonctionnement
Nous sommes bien dans l’esprit de la Blues Breaker de Marshall. Une palette assez large de saturations selon le réglage du gain, accentué par celui de la tonalité.
On peut avoir de la profondeur avec une belle richesse en harmoniques, à l’image d’un ampli à lampe poussé à sa limite, mais aussi une légère saturation toute « bluesy » quand le gain est au minimum.
Le bouton « volume » permet d’ajuster dans une grande plage le niveau de sortie.
Conclusion
Vous voulez vous lancer dans la fabrication de cette pédale d’effet ? N’hésitez pas à me poser vos questions ou vos remarques en commentaire !


