La fabrication de pédales d’effets
se base sur un certain nombre de principes, de manière à constituer une gamme homogène.
1. Le boîtier
J’ai choisi pour les pédales de base, comportant un nombre limité de composants, le boîtier standard en aluminium, généralement référencé 1590B. Ses dimensions offrent un espace interne d’environ 107×56 mm. On peut le trouver à un prix aux alentours de 8€, souvent vendu par 3.
Pour les modèles un peu plus encombrants (comme la reverb, le volume et AsymDrive sur la photo) j’ai pris le boîtier 1590BB dont les dimensions intérieures sont 119×94 sur une hauteur de 30mm.
Ce modèle a un coût d’environ 9€, vendu par 3 le plus souvent.
Ce choix va conditionner les positions des éléments qui seront toujours présents : les jacks d’entrée et de sortie, le commutateur au pied, la prise d’alimentation, le voyant de mise en fonction.
2. La prise d’alimentation
On trouve sur le marché des prises d’alimentation de toutes sortes. Mais pour un boîtier métallique, et en raison du brochage spécifique de la plupart des pédales d’effet, il est nécessaire de choisir un modèle « isolé », dont le corps n’est pas métallique. En effet, dans la plupart des pédales, le + 9v est relié à l’extérieur de la prise, mais la masse du boîtier est reliée au moins. Une prise métallique connecterait donc le + 9v à la masse : Court-circuit !
Le format le plus courant des prises d’alimentation est le diamètre 2,1 mm. Notons qu’il existe aussi des diamètres 2,5 mm. Il est possible de se raccorder à ces diamètres avec des adaptateurs spécifiques.
Vendu par 12, ce modèle revient à 0,75€.
Perçage du boîtier : Ø12 mm.
Câblage
il y a trois cosses sur ces prises. Pour mes pédales, puisque le pôle négatif de l’alimentation est au centre, il faut relier les câbles + et – comme sur ce dessin.
La troisième cosse est prévue pour permettre de couper la pile quand on branche une alimentation extérieure, mais c’est inutile ici puisque je ne place pas de pile dans le boîtier.
3. Le commutateur au pied (Footswitch)
Cet élément est le point central, le principe même de la pédale d’effet : c’est sa présence qui fait d’un effet sonore une pédale ! Il en existe de plusieurs types, mais le plus courant, et celui que j’utilise presque toujours, est le modèle 3PDT : « 3 Poles Double Throw » en anglais, c’est-à-dire 3 pôles, deux positions. Il permet en fait de commuter 3 circuits en même temps. C’est mieux si on veut faire du true by-pass et commuter une LED en plus.
Son diamètre de perçage est de 12 mm.
Vendu par 5, ce commutateur revient à moins de 3€ pièce
Câblage
le bouton actionne en fait 3 commutateurs identiques ; le point commun C est en position A ou B pour chacun des trois commutateurs. Pour réaliser un « true by-pass », qui met l’effet complètement hors-circuit, on relie son entrée à sa sortie avec par exemple le commutateur 2 pour l’entrée et le 1 pour la sortie. Il reste le troisième pour allumer/éteindre un voyant, constitué d’une LED associée à une résistance.
4. Les potentiomètres
Ces composants sont aussi des éléments essentiels puisqu’ils permettent de faire varier une grandeur, que ce soit le volume sonore, le taux d’effet, de graves ou d’aigus, la fréquence, etc.
Il existe des potentiomètres de type linéaire (la variation de la résistance est proportionnelle au déplacement angulaire du curseur) ou logarithmique.
Quelle différence ?
Les types logarithmiques ont la particularité d’avoir une courbe de variation… logarithmique ! comme c’est le cas pour notre perception auditive. Ils sont essentiellement privilégiés pour les réglages de volume. Ainsi, le fait d’augmenter le volume selon cette courbe nous apparait régulier tout au long de la course du potentiomètre. Avec un « linéaire », les variations de volume paraîtraient imperceptibles jusqu’à la moitié de la course, puis assez brutal dans la partie finale de la course.
Comment les différencier ?
Les types logarithmiques sont notés avec la lettre A (pour Audio) et les linéaires sont marqués de la lettre B.
Cette lettre est placée avant la valeur en ohm. Par exemple, sur cette photo, B1K désigne ce potentiomètre comme étant un modèle linéaire de valeur 1 kilo-ohm.
Le modèle sur la photo est le plus courant, il présente un faible encombrement et son axe strié permet une bonne adaptation du bouton, même sans vis. Le diamètre de perçage du boîtier est de 7mm.
Si on les achète en quantité (souvent par 5, par 10 ou 20) chacun revient à moins de 1€. On trouve aussi des assortiments de plusieurs valeurs, ce qui permet d’avoir un petit stock varié, bien utile lors des essais si on veut changer la valeur d’un potentiomètre.
5. Les jacks d’entrée et sortie
Evidemment, il faut prévoir un jack pour brancher la guitare et un autre pour brancher l’ampli !
Le plus simple et le plus courant, c’est de les placer de chaque côté, généralement l’entrée à droite et la sortie à gauche. Cette configuration pourtant contre-intuitive (le signal va de droite à gauche !) est largement la plus courante. Ceci est dû au fait que la pédale se trouvant aux pieds du guitariste, et la sortie de la guitare étant à droite, il est plus judicieux de brancher la guitare à la pédale par le côté droit, ce qui évite de croiser les câbles. Ceci, évidemment, pour les droitiers !
On prendra un modèle peu encombrant, tout ce qu’il y a de plus simple, mono et sans commutateur. Sauf si on souhaite que la tension soit coupée lorsqu’on débranche le cordon de la guitare ou de l’ampli, pour économiser l’alimentation en l’absence de musique. On choisira alors une prise stéréo, et le moins de l’alimentation sera relié à la deuxième cosse du jack. Ainsi, c’est la prise jack mâle (mono !) qui établit le contact du moins avec la masse lorsqu’on branche la guitare.
Mais ce n’est pas le choix que j’ai fait sur mes modèles.
Pour accueillir ce modèle de jack 6,35 mm, le boîtier doit être percé au diamètre 9 mm.
Vendu par 5, une prise jack standard revient à moins de 1€ pièce.
6. Positions des éléments
- le commutateur au pied (footswitch) :
- Il doit être le plus bas possible pour permettre de loger un circuit imprimé dans un espace maximal. La position minimale de son axe est de 17 mm du bord extérieur. En toute rigueur, on pourrait descendre jusqu’à 12 mm mais le risque est de provoquer un basculement de tout le boîtier lors d’un appui trop énergique.
- les jacks d’entrée et sortie :
- Pour laisser passer le jack mâle sans qu’il ne touche le commutateur, l’axe du jack doit se trouver à au moins 13 mm plus haut, soit 30 mm du bas du boîtier.
- la prise d’alimentation :
- si on ne la place pas dans l’axe du boîtier, il faut laisser un minimum de 15 mm par rapport au côté, pour pouvoir faire tourner l’écrou de fixation à l’intérieur.
- les potentiomètres :
- Ils occupent l’espace central de la façade, en les répartissant de manière symétrique autant que possible. Il doivent être suffisamment espacés pour être facile à manipuler indépendamment les uns des autres.
- Le voyant de mise en fonction :
- J’utilise toujours une LED de 3 mm, de couleur quelconque. J’ai choisi de la placer toujours en haut du boîtier, dans son axe médiant. Ainsi, on libère de la place pour le circuit imprimé et les câblages. Je place son axe à 6 mm du haut du boîtier.
7. Câblage général : le « True By-Pass »
8. Bonus !
Je vous laisse ci-dessous les plans d’organisation et de perçage des boîtiers 1590B et son grand-frère le 1590BB. Différentes configurations possibles selon le nombre de potentiomètres.
S’il y a 5 ou 6 potentiomètres, il faudra choisir le 1590BB et des boutons de faible diamètre pour qu’ils tiennent en largeur. Le tracé du cercle de cpoints tient compte de ce choix.
Il vous suffira de copier/coller le bon document, et de l’adapter en y ajoutant les noms des réglages et celui de la pédale. Pour conserver la bonne échelle, je vous ai mis une règle car toutes les imprimantes ne rendent pas nécessairement les mêmes dimensions que celles à l’écran. Plusieurs essais seront peut-être nécessaires.
Conclusion
En respectant ces quelques principes, la série de pédales d’effets sera cohérente et la conception de la partie mécanique plus sereine.
Pour des effets qui utilisent de nombreux composants, il faudra choisir un boîtier plus conséquent, ce qui n’empêche pas de conserver les mêmes principes, en les adaptant.
Quant au coût moyen de la réalisation d’une pédale de cette famille, il est vraiment dérisoire. Avec les prix donnés plus haut, et en estimant à 15€ le coût total des composants électroniques et du circuit imprimé, des boutons, du film transparent pour la façade, on arrive à une pédale « maison » de qualité pour moins de 30€ ! à comparer avec les modèles « de marque » qui peuvent atteindre parfois 200 €… pour une qualité équivalente. Et puis, un effet qu’on a soi-même réalisé, ajusté et mis au point, ça n’a pas de prix !



2 réponses
Bonjour.
Très intéressant, ces différentes pédales !
Je suis moi-même en train d’en fabriquer une. C’est juste une pédale switch un peu spécifique. Seriez-vous d’accord que je vous explique son fonctionnement, et me dire si il y a des erreurs?
Cordialement.
Bonjour Paul,
merci de vous intéresser à mon site. Vous pouvez m’envoyez votre projet de pédale switch, je peux certainement vous aider !
Hâte de vous lire.