16. Multi-Fuzz II : la Multi-Fuzz améliorée.

Table des matières

Une fuzz à plusieurs modes d’écrêtage

à partir d’un schéma encore plus simple que la Fuzz Face (oui, ça existe !), avec possibilité de choisir le type d’écrêtage.

Le schéma d’origine

Il s’agit d’un schéma très classique utilisé dans la « Mythos Golden Fleece », la Toison d’Or de chez Mythos.

Il a l’avantage de n’utiliser qu’un seul transistor. L’écrêtage est produit par 2 diodes silicium montées tête-bêche, comme on en voit partout.

Fonctionnement

Voici un signal de « la – 440 Hz »  sinusoïdal en noir. Après écrêtage avec 2 LEDS montées tête-bêche, on obtient le signal rouge : il est écrêté, c’est ce qui donne ce son caractéristique des pédales de fuzz et autres distorsions. L’écrêtage (clipping) est dû au fait que les diodes électrolumescentes ont un seuil de conduction d’un peu moins de 2 volts. Dans l’alternance positive, la diode montée en direct (D1) court-circuite à la masse tout signal dépassant le seuil de 2 volts. idem pour l’alternance négative et la diode D2 montée en inverse. 

En remplaçant les LEDs par des diodes au silicium, dont le seuil est de 0,6 volts, le signal sera encore plus écrêté, la distorsion entendue sera plus marquée. Les diodes au germanium ayant un seuil encore plus bas (0,2 volts) on peut écraser encore davantage le signal.

L’idée est donc d’ajouter au schéma de base un système qui commute différentes paires de diodes . On peut aussi jouer sur l’assymétrie : en prenant une paire de diodes non-identiques, on obtient un écrêtage non symétrique, ce qui ajoute de la distorsion.

INCONVÉNIENT : puisque l’écrêtage varie entre 0,2 V et 2 V, le volume final se trouve largement altéré. Une simple commutation nécessiterait donc d’augmenter ou de baisser le volume quand on change de diode.

La solution : le schéma final

Une solution pour passer d’un mode d’écrêtage à un autre sans altérer le volume est de prévoir un ajustement du niveau à chaque position du commutateur. C’est ce que montre le schéma ci-contre. Chaque potentiomètre ajustable est réglé de manière à atténuer chaque signal pour le rendre identique au signal le plus faible, celui qui utilise des diodes au germanium et pour lequel il n’est pas nécessaire de placer d’atténuateur. 

J’ai profité de la modification pour ajouter un réglage du taux de distorsion. Il suffit de remplacer R3 par un potentiomètre, exactement comme sur la FuzzFace. 

La nomenclature ne fait appel qu’à des composants très classiques et faciles à trouver.

Le commutateur est un modèle rotatif à 2 circuits et 4 positions. 

Ainsi, on peut commuter l’une ou l’autre des paire de diodes avec l’un des 2 circuits, et son atténuateur avec l’autre circuit.

Mais comme il n’a que 2 circuits au lieu de 3, je n’ai pas pu ajouter les LEDs de signalisation contrairement à ma première version 

Fabrication !

Première étape :

Dessiner le plan des circuits imprimés

le plan d’implantation des composants et les typons des circuits, côté cuivre.

Pour obtenir un ensemble plus fiable en réduisant au maximum le câblage, j’ai souhaité proposer un circuit imprimé intégrant les potentiomètres et le commutateur. Pour des raisons d’encombrement, ça a nécessité 2 circuits distincts comme le montre le dessin ci-contre.

Deuxième étape :

Fabriquer les circuits imprimés 

(voir mon article sur le processus de fabrication de mes circuits imprimés de manière très artisanale, à faible coût mais très  efficace !)

Imprimer le typon sur un transparent, insoler, révéler, graver, percer.

Troisième étape :

Réaliser le boîtier 

Le masque est imprimé sur une feuille de transparent auto-collant. Le collage nécessite un peu de soin pour bien positionner la feuille et chasser les bulles vers l’extérieur.

Le perçage se fait ensuite aux emplacements marqués d’une croix. On procède progressivement.  D’abord un centrage de tous les trous avec le foret Ø3, qui correspond à toutes les LEDs, puis on les agrandit tous à  Ø7 qui est le diamètre des potentiomètres et du commutateur rotatif. Ensuite, on passe aux diamètres définitifs :

– Ø 9 pour les 2 jacks d’entrée et sortie.

– Ø 12 pour le connecteur d’alimentation et le commutateur au pied.

Quatrième étape :

Souder les composants, les câbles ; mettre en  boîtier 

Dernière étape :

Tester le fonctionnement

  • En position LED, le son est crunchy,  avec un son presque clair à bas volume d’entrée. 
  • à l’autre extrémité, la position germanium donne une saturation bien grasse, comme une fuzz.
  • les positions intermédiaires sont des bons compromis entre les extrêmes, avec une distorsion assez marquée en position Si-Ge, due à l’assymétrie de l’écrêtage.
  • le bouton de volume permet d’ajuster le niveau du signal saturé par rapport au signal clair, mais n’agit pas sur le taux de saturation puisqu’il est placé en sortie du circuit.
  • le réglage de taux de saturation (fuzz) est efficace, c’est vrai que ça manquait sur l’original et donc aussi sur ma première version !

Conclusion

Vous voulez vous lancer dans la fabrication de cette pédale d’effet ? N’hésitez pas à me poser vos questions ou vos remarques en commentaire !

Si cette pédale (ou une autre !) vous intéresse, je peux la fabriquer pour vous et vous la fournir entièrement prête à l’emploi, pour moins de cinquante euros. Laissez-moi un message au bas de cette page !

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